• The Past, Chapitre 7

    Voici, après une longue absence, la suite de The Past ! Dans les bacs, il me manque encore deux épisodes à rédiger ^^ Bonne lecture !

    Un nouveau jour se levait dans la Forêt de Misty. Nine était devenu un sacré lève-tard, il avait des heures incalculables de sommeil à rattraper après tout. Il rêvait de maintes choses, aussi bien d’un monde en parfaite osmose comme d’un univers ravagé par le chaos comme le fut son présent. Mais depuis qu’il avait rencontré Seth, il était habité par un nouvel espoir, il se sentait désormais capable d’aider. Toutefois il était inquiet : pourquoi Seth leur avait demandé de s’enfuir sans eux ? Qu’avait-il l’intention de faire ? Il ne le saurait qu’en le revoyant. D’ici demain il aurait quelques réponses à ses questions, il ne lui suffisait d’attendre que vingt-quatre heures. Puis Nine se levait, difficilement, comme d’habitude.

                     Quand il se réveilla, il tourna la tête presque par réflexe : Reiko avait quitté son lit, qui était déjà correctement plié, encore plus proprement qu’à leur arrivée. Il prit sa douche en ayant pris soin de vérifier si elle se lavait et s’habilla. Il se regardait dans la glace, et ne se reconnaissait presque plus : les traits qui dédaignaient toute hygiène avaient disparu. Nine avait le visage presque neuf. Mais comme pour Seth, les traits de l’horreur ne disparaîtraient qu’à la mort. Ses cheveux rouges étaient toujours aussi flamboyants. Il avait fini par se faire à cette couleur qu’il avait acquise au fil des ans et finit même par l’apprécier. Il appréciait sa coupe, et il apprenait peu à peu à s’apprécier lui. Il sortit de la salle de bains et se dirigea dans le salon où un petit déjeuner l’attendait. D’abord surpris, il vit Reiko déjà assise en train de manger une petite biscotte avec son chocolat chaud.

     

    « Bonjour Nine, bien dormi ?

    - Ah…Oui, bien sûr Reiko. Et toi ?

    - Comme il faut, répondit-elle en souriant. Regarde, j’ai préparé le petit déjeuner.

    - Oui, je viens de le remarquer. J’étais surpris de voir ça, plaisanta Nine.

    - N’attends pas, viens t’asseoir, ton chocolat va refroidir, tu sais.

    - Euh…Bien sûr, balbutia t-il. »

     

    Avec un poil d’hésitation, Nine s’assit alors et discuta de maintes choses avec Reiko, tout en dégustant le petit déjeuner qu’il trouva, à sa grande surprise, excellent. Son visage ne pouvait pas s’empêcher d’exprimer la surprise, puis la relaxation. Il ne se réserva pas de qualifier cette préparation de tous les adjectifs mélioratifs qu’il pouvait trouver sur l’instant. Reiko lui expliqua que sa mère lui a enseigné l’art culinaire et que selon ses proches et ses parents, à déjà quinze ans elle avait dépassé le niveau de sa mère. Cette histoire faisait du bien aux oreilles de Nine, rarement il écoutait les histoires des autres pour le peu d’amis qu’il avait, mais il prenait à chaque fois plaisir à entendre ce qu’avaient fait les autres dans leur vie. L’homme aux cheveux écarlates se leva alors une fois le repas achevé et assez délicatement, il débarrassa la table de bois sur laquelle la vaisselle était posée et se mit à son tour à faire quelque chose. Il lava donc tout le service, avec toutefois de belles maladresses sans pour autant casser ou même fissurer quoi que ce soit, encore heureux que son homologue féminin était derrière lui en cas de pépin.

                    Puis chacun s’occupa, de son côté, aux tâches ménagères. Nine se souvint en avoir déjà faites une ou deux dans son logement précédent, il pensa donc bien s’en sortir. Lui passait la poussière et le nettoyage du parterre, Reiko elle s’occupa de passer l’aspirateur dans tous les recoins, témoignant le côté maniaque que lui a inculqué sa mère. En deux heures chrono, toutes les pièces jusqu’au dernier centimètre carré étaient parfaitement nettoyées, à la grande surprise de Nine qui ne pouvait plus que constater le travail qu’il avait effectué. Reiko ne put s’empêcher derrière un petit pouffement de remarquer qu’elle avait rarement vu un homme faire le ménage, eux qui sont généralement affectés au poste du canapé, qui se résume en général à regarder le match de football qui passe sur la une, les pieds sur la petite table qui s’offrait devant eux. Non, Reiko était agréablement surprise, ça prouve qu’il n’était pas comme tous les autres qui abandonnaient leurs tâches à leurs épouses.

                    Après s’être à nouveau lavés, ils partaient en ville. Celle-ci était, avec une certaine logique pour les deux compagnons, bien moins somptueuse que Millénium mais elle restait quand même agréable à voir. Ils décidaient donc de s’y attarder pendant quelques temps, prenant leur temps pour visiter quelques magasins et les monuments municipaux, qui avaient pour quelques-uns un rapport avec un passé plus ou moins lointain. L’envie leur vint bien sûr de prendre quelques photos, devant une statue d’un Président de la République ou d’un grand artiste qui logeait dans la région. Puis, ils décidaient de faire halte dans un petit parc aux allures agréables, à la verdure éclatante et à la brise relaxante. Reiko et Nine n’hésitaient pas à prendre une bonne bouffée d’air frais puis à s’installer sur un banc. Une bonne heure après ils décidaient, après quelques phrases échangées, de reprendre la route. Puis, en sortant de la ville, une compilation de bruits désagréables voire froissants à s’en donner la chair de poule se succédait. Se retournant pour connaître l’origine d’un tel vacarme, et ils ne virent que deux jeunes d’environ seize ans avec leur radio sur une épaule.

     

    « Puis-je vous aider jeunes hommes ? fit Nine dans la plus grande politesse.

    - Ouaich l’asperge ! T’as un problème mon frère ?

    - Je te demande pardon ?

    - J’t’ai d’mandé si t’avais un problème, t’es sourd ou quoi ? rétorqua l’un d’entre eux avec un air désagréable.

    - Entre nous je ne comprends pas ce que vous me voulez. Nous étions bien tranquilles et vous venez nous parler. Quelque chose ne va pas ?

    - Mais c’est qu’il est con ce type ! Il a les cheveux rouges et il se permet de parler à des beaux gosses comme nous ! Hé mon frère on lui apprend la vie à ce gars ?

    - Ouais ça va nous détendre, ouaich ! »

     

                    Sans palabrer davantage et à la grande surprise de Nine, les deux jeunes sautèrent sur lui. Il ne comprenait pas un tel comportement et ce genre de choses pouvait occasionnellement l’énerver. Il regarda son pied par terre. Un des deux jeunes suivit son regard et regarda à son tour le pied de Nine. Celui-ci colla alors son pied dans la tête du jeune homme et l’enchaîna de quelques coups de poing dans la tête. Il ne se préoccupait guère du sang qui coulait sur ses mains. Quant à l’autre qui pensait le surprendre et l’attaquer par derrière, Nine se retourna simplement et lui attrapa la tête, stoppant net la course du jeune homme. Puis, tout en lui lançant un regard à lui glacer le sang, il enfonça violemment la tête de l’indécrottable mollusque qui était venu l’agresser contre un mur, gravant son passage contre celui-ci, puis, en compagnie de Reiko, s’en retourna à ses moutons.

     

    « Tu oses croire que tu es dans la misère et t’en sortir en agressant le premier venu ? Si tu connaissais ce qu’est la véritable misère, si tu savais ce qu’étais que de vivre dans la pauvreté totale et non dans une insignifiante banlieue, tu aurais pris conscience de ce qu’est le monde et pas t’aveugler avec une vision pitoyable de la société. »

     

                    Puis, Reiko et Nine retournèrent dans la cabane de la Forêt de Misty et déposèrent leurs diverses commissions, allant de vêtements à nourriture, ustensiles et instruments d’hygiène. Puis vint le déjeuner. Cette fois-ci, ce fut Nine qui prépara à manger et il profita alors de cette occasion pour confectionner un de ses plats favoris, qui se résumait simplement à préparer des spaghettis, ajouter de la crème fraîche et de la viande hachée, puis un arrière-goût dont Nine avait le secret. Une fois tout ceci préparé, il apporta le tout et laissa Reiko le soin de goûter ce mets. Elle était, à son tour, agréablement surprise du goût de ce repas pourtant si simple que Nine avait préparé. Elle ne tarissait pas d’éloges quant à ses capacités en matière de cuisine, ce qu’il semblait négliger par modestie. Une fois ce repas passé, les deux s’assirent sur un banc à l’extérieur de la cabane. Chacun regardait le ciel, puis Nine prit la parole :

     

    « Alors comme ça tu connaissais Seth avant ?

    - Oui, mais ce n’est pas le genre de choses dont j’aimerais parler.

    - Pourquoi ?

    - Hé bien fait…J’ai connu Seth quand nous étions au collège.

    - Comment il était ? Je suis curieux de savoir.

    - Il n’est pas ce que tu penses qu’il est. Il détient un passé des plus insupportables.

    - Je…Je veux savoir.

    - Seth était l’homme le plus malheureux que j’ai pu rencontrer. Il était la risée de tout le monde et mis à part ses brillants résultats qui finissaient toujours par attiser la jalousie chez ses camarades, le reste de sa vie fut un échec total et cuisant. Il ne pouvait pas se faire d’amis, il n’avait aucune chance pour sa situation amoureuse. Chaque jour il était brutalisé par des dizaines de jeunes et humilié par le reste, garçons comme filles. Mais il esquissait en permanence un très faible sourire, un véritable saint. L’Elincia qui nous a soignés le connaissait aussi. Elle pourra elle aussi témoigner de son enfance. Un jour, il a demandé à Elincia de sortir avec lui. Tu te doutes de sa réponse, pas vrai ?

    - …

    - Elle a refusé et sous le coup comme si c’était une honte aux yeux des autres, se mit à le renier comme tous les autres. Et puis un jour, ce fut mon tour. Il m’a aimé, moi aussi. Et…J’ai fait pareil. Plus qu’Elincia qui s’est rendue compte de son erreur qu’après sa disparition, j’ai en plus du reste tout mis en œuvre pour le faire payer. J’avais une certaine estime auprès de tous et en apprenant qu’il était tombé amoureux de moi, c’était presque une malédiction qui ne s’estompait qu’en le reniant à son tour. Ce n’est qu’après sa disparition que j’ai compris à quel point j’ai pu être ignoble, et du fond de mon âme je voulais me faire pardonner mais il était trop tard. Je ne l’ai jamais revu depuis. Même au lycée où il était pourtant inscrit. Il m’a magistralement bien esquivé. Puis j’ai appris la mort de ses parents. Je me sentais encore plus coupable de ce qui arrivait, par ma faute il avait un poids supplémentaire à supporter. Et puis un jour….

    - AAAAAAARGHHHHHH ! criait une voix au loin.

    - C’était quoi ça ? fit Nine.

    - Allons voir, tu veux bien ?

    - Affirmatif. »

     

                    Nine et Reiko couraient dans la forêt afin d’atteindre la source de cette voix criante de douleur. Qui pouvait bien crier comme ça ? Et si cette personne était déjà en danger ? Nine s’était alors résolu à aider cette personne en douleur. Il n’en était en fait rien. A cinq cent mètres de la cabane, Nine et Reiko avaient devant eux une vision terrifiante d’une personne à laquelle ils ne s’attendaient pas à voir.


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